UN NOUVEL ARTICLE ? SOYEZ AVERTIS PAR MAIL !

vendredi 19 décembre 2014

Bon sang de bonsoir !


     Gratuit et anonyme en France, tout comme le don d'organe, le don de sang et de produits sanguins ne l'est pas partout ailleurs. Nous avons en mémoire l'un ou l'autre fait d'actualité se déroulant dans des pays dits en voie de développements et rapportant qui le trafic d'organes, qui la vente de sang pour simplement survivre. Le sang et les produits sanguins constituent d'immenses sources de potentiels bénéfices.
 
    Si les mafias l'ont compris et appliqué depuis plusieurs dizaines d'années, l'internationale de la finance (entendez les gangsters en cols blancs) ne compte pas être en reste plus longtemps. Nous reproduisons ici l'excellent article de Francis Wurtz, publié dans l'Huma Dimanche du 11/12/2014 et intitulé : "Non à la marchandisation du sang !". Le don du sang et de ses différents éléments concerne un nombre important de nos concitoyens, toutes tendances politiques, philosophiques et religieuses confondues. Il est ainsi primordial que nous nous mobilisions pour qu'il reste un acte gratuit et que les produits qui en découlent n'entrent pas dans la danse macabre des marchés qui tôt ou tard, par souci de rentabilité à court terme, vont reproduire une affaire du sang contaminé. Nous savons par expérience que l'entrée des marchés financiers dans tout ce qui touche à la vie n'a jamais d'autre résultat qu'une atteinte caractérisée à la vie.
 
     Par ailleurs, le don de sang est un acte bénévole générateur de lien social et formateur de sens civique. Nombre de nos communes ont des associations de donneurs de sang participant à ce bel effort de solidarité transgénérationnelle et transculturelle. Ces associations ont lancé de nombreuses pétitions, alors n'hésitez pas à signer et peut être à, pour la première fois, vous rendre à une collecte.
 
 
Jn-Mc
 
 
 
 
Non à la marchandisation du sang !
 
 
 
     On en parle depuis des mois, mais, désormais la date fatidique approche : 31 Janvier prochain, l’Etablissement Français du Sang (EFS) devra arrêter non seulement la production (C’est déjà le cas depuis le 24 octobre dernier), mais la délivrance aux patients du « plasma thérapeutique-SD » (1). On se prépare donc à ouvrir le « marché » d’un produit sanguin à la concurrence des industriels du médicament ! Rappel des faits, de leur dimension européenne et des responsabilités nationales.
 
     « Le sang humain est une ressource rare. Elle permet de soigner plus d’un million de patients par an en France, et ce grâce au geste d’1,7 million de donneurs bénévoles ». Par ces mots, la sénatrice communiste Annie David rappelait fort justement ces données essentielles, le 14 Novembre dernier, dans le cadre du débat parlementaire sur la loi de financement de la Sécurité Sociale 2015. Son intervention concernait précisément l’article de la loi visant à changer le statut du plasma thérapeutique , en ouvrant, par là-même, la voie à sa commercialisation. Pour comprendre l’enjeu de ce changement, quelques précisions sont nécessaires. Le sang humain permet d’obtenir deux catégories de produits à finalité thérapeutique : les produits sanguins dits « labiles » (à durée de conservation très courte) et les médicaments dérivés du sang . Les premiers relèvent du monopole de l’Etablissement Français du Sang (collecte, préparation et distribution). Les seconds relèvent des établissements pharmaceutiques qui répondent aux appels d’offres des hôpitaux. Or, désormais, le plasma-SD est considéré non plus comme un produit sanguin labile mais comme un médicament. C’est en quelque sorte une privatisation du plasma thérapeutique.

     Comment en est-on arrivé là ? Un groupe pharmaceutique suisse, Octapharma, pressé de faire des affaires dans les dérivés du sang sur le marché français, a saisi le Conseil d’Etat, la plus haute juridiction administrative en France, pour contester le statut protégé du plasma-SD. Puisqu’un processus industriel (le traitement au Solvant-Détergent)  intervient dans la production de ce type de plasma, celui-ci doit être considéré comme un simple médicament -argumenta le capitaliste helvétique (2) .Comme son recours était fondé sur des directives européennes, le Conseil d’Etat français s’est tourné vers la Cour de Justice de l’Union européenne. Celle-ci a répondu (le 13 Mars dernier) que , dès lors qu’il est « préparé industriellement », le produit sanguin devenait « médicament ». L’obsession du « marché » et de la « concurrence » a encore frappé !

     La question qui se pose est : fallait-il capituler en rase campagne devant cette injonction ultralibérale comme l’a fait le gouvernement en acceptant d’ouvrir cette brèche dans le monopole de la mission de service public de l’Etablissement Français du Sang ? La réponse est non .  Il fallait -il faut toujours !- mobiliser en France et en Europe tous les partisans (et ils sont nombreux) d’une protection absolue de tout ce qui touche au sang humain contre les lois du marché et du profit. Une directive n’est pas la fin de l’Histoire; les rapports de force, cela se construit ! Pire : Mme Marisol Touraine semble déjà céder -avant même que la question ne soit posée- un nouveau pan de terrain, celui du « don éthique » , c’est à dire le don gratuit, anonyme et bénévole du sang ! Elle invoque à ce propos une autre directive européenne qui, insiste-t-elle, « indique explicitement » que  » l’on ne peut l’imposer »! Un comble, alors que le Conseil d’Etat, dans l’arrêt sur le plasma déjà cité, précise au contraire que les principes du don éthique « devront (être) respectés »(3) . La défense du modèle de transfusion français, c’est maintenant !

———
(1) Le plasma est l’élément liquide du sang dans lequel baignent les globules rouges et les globules blancs. Le plasma-« SD » est traité au Solvant-Détergent (procédé visant à éliminer virus et autres agents infectieux). Voir notamment Jean-Pierre Basset : « La transfusion sanguine en danger » (Humanité.fr 27/10/2014) ainsi que la pétition syndicale (CGT, CFDT, FO, CGC) de l’EFS (en cours) à Mme Marisol Touraine, Ministre des Affaires sociales et de la Santé.

(2) Le groupe Octapharma a récemment perdu un consultant de luxe en la personne de José Socratès, ex-Premier Ministre portugais, aujourd’hui en prison et soupçonné de blanchiment de capitaux après avoir mené un train de vie de pacha à Paris ( Selon la « Tribune de Genève », il détiendrait 20 millions d’euros sur un compte en Suisse…).
 
(3) Conseil d’Etat No 349 717 (23/7/2014).
 
 
Sources Illustrations :

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire