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lundi 13 octobre 2014

Elsaβ pride...

...la manif en trompe l'œil,


http://www.centre-culturel-alsacien.eu/
     L'édition dominicale de nos deux quotidiens régionaux en était pleine : avec "Le signal de l'Alsace à Paris" et "Un message à Paris" on ne peut être plus clair quant au destinataire, mais qu'en est-il du message ? Quand on voit certaines tournures prises par la manif du 11/10, il y a tout lieu de se poser des questions : identitarisme et autonomisme n'y étaient pas en marge... Mais bien sûr, quand il s'agit de défendre l'amer-patrie nos barons et potentats locorégionaux n'en sont pas à une mise en bière près et il n'est pas surréaliste de percevoir "Plutôt l'autonomie que la République" en musique d'ambiance... D'autres républicains que nous ne manquent d'ailleurs pas de le souligner :
 
     "Dans ce succès en mi-teinte (ou cet échec relatif), il faut tout de même reconnaître que Philippe Richert a eu le courage de faire chanter la Marseillaise, reprise par de nombreux manifestants, pour montrer que l’Alsace « ne tourne pas le dos à la France », au milieu des huées des autonomistes répartis dans la foule, très mobilisés, très visibles sous des pancartes parfois agressives et les couleurs du « rot un wiss » (un drapeau officialisé le 25 juin 1912, sous le régime du Reichsland, pendant l'annexion prussienne de 1871 à 1918). Sans doute y aurait-il eu aussi plus de monde si un tel discours, plus républicain, avait été tenu plus fermement depuis la campagne avant le référendum, au lieu d’alimenter régulièrement les fantasmes et la joie des autonomistes. Il y a d'ailleurs encore beaucoup à faire pour conjurer les démons identitaires, lâchés par nos apprentis sorciers institutionnels du gouvernement socialiste (mais précédés par ceux du gouvernement Sarkozy dont a fait partie Philippe Richert)." pouvons nous lire sur le blog du très Sundgauvien Mathieu Lavarenne.
 
     Entendons-nous bien, cette réforme territoriale est une usine à gaz qui va fabriquer des monstres technocratiques éloignant les citoyens des centres de décisions et réduisant leur participation aux prises de décisions. Un machin comme l'actuelle Union Européenne dirigée par des non-élu(e)s placé(e)s à des postes clefs par les lobbies de la finance. Alors, ce n'est pas tant la seule et pauvre petite Alsace qu'il faut défendre, mais la France des Régions dans son ensemble. Il est d'ailleurs à ce propos amusant de constater à quel point l'idée du Conseil d'Alsace rejeté par le référendum du 7 Avril 2013, revient au goût du jour avec des remarques du genre "Si on avait fait le Conseil d'Alsace en 2013, on n'en serait pas là aujourd'hui !" et les DNA, soutiens du projet en son temps, ne manquant pas d'ajouter la Kirsche sur le Schwartwald en publiant "Les regrets du Sundgau noniste" ! G'vertammi noch e mol, mais avec le Conseil d'Alsace on prenait le leadership en matière de réforme territoriale et pour le duo d'alors Hollande-Ayrault tout cela était du pain bénit !
 
     Mieux que ça, entendre Jean-Louis Hoerlé affirmer "La région trinationale est notre avenir" et vanter "une région à 360° qui ne doit plus être obligée de regarder vers l'Ouest" conduit à se demander jusqu'à quand nos élus resteront aveugles à l'imposture du  modèle allemand ! Il n'est pas nécessaire de regarder à l'Ouest pour l'être vraiment et perdre complètement le Nord ! Comme si les pays de l'Union Européenne n'étaient pas déjà assez soumis au diktat de l'internationale de la finance, il faudrait maintenant les faire voler en éclats en créant des régions supranationales dont la caractéristique principale serait le moins-disant social et le mieux-disant boursier !
 
...qui éclipse toutes les autres !

     S'il serait malhonnête de dire que les autres manifestations du 11/10 ne sont pas traitées par notre presse quotidienne régionale, rien n'interdit de se questionner sur la façon dont elle s'en fait l'écho. A Mulhouse, la Marche de soutien aux Kurdes de Kobanê  est qualifiée de mouvementée et la lecture de l'article des DNA s'enlise dans le récit d'échauffourées. Quand aurons nous le plaisir de lire des articles de fond et des débats contradictoires sur la question kurde ? Aux calendes grecques, très certainement...
 
     A Strasbourg, si la Manifestation anti-tafta du même jour n'est pas passée sous silence, elle est qualifiée de Manif pour des normes , comme si les enjeux du libre échange ultralibéral se limitaient à l'existence ou non de normes ! L'enjeu principal du Trans-Atlantic Free Trade Agreement est d'ouvrir les portes de l'Europe à l'American Way of Trade et l'abolition des normes n'en est qu'un aspect. Dire que les anti-tafta sont pour plus de normes renvoie à l'image de l'Union Européenne, décriée à raison pour sa normatite chronique, du coup l'amalgame est si vite fait qu'on frise la désinformation. Quand aurons nous le plaisir de lire des articles de fond et des débats contradictoires sur le tafta ? Lorsqu'il aura été adopté dans le plus grand secret, très certainement...
 
     Toujours à Strasbourg, toujours le 11/10, la Marche pour le droit des filles à l'éducation, si elle n'est pas occultée, gagnerait à être mise en avant plus par la présence dans ses rangs de Pinar Selek que d'Huguette Dreikaus et de Roger Siffer  dont nous ne dénions pas pour autant les mérites. Mais tout de même, il aurait été aussi intéressant de mettre en perspective les parcours de Pinar Selek et Malala Yousafsai avec les revendications des femmes présentes lors de cette manifestation. A croire que les déclarations et déclamations de Philippe Richert avaient ce jour là plus d'importance pour l'avenir de l'espèce humaine ! 
 
Sic transit gloria mundi, et quand le chien aboie, la caravane passe...
vanitas vanitatum !
 
 
Jn-Mc 

 Annexe :

 

Réforme territoriale :
La droite et ses barons cherchent à mobiliser. 
 Mais au service de qui ?
 
     S’il est une chose que les communistes d’Alsace partagent avec celles et ceux qui ont manifesté ce samedi à Strasbourg, c’est qu’on ne leur a pas demandé leur avis sur une réforme qui engage l’avenir de chacune et chacun d’entre nous. Alors que le projet de Conseil Unique d’Alsace a été rejeté en 2013, la droite nous explique que les Alsacien-ne-s n’avaient alors rien compris et qu’aujourd’hui face au projet du gouvernement, la solution passerait bien par la fusion des départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin !
 
    
     En 2013, avec d’autres, nous communistes d’Alsace avons affirmé que le projet de Conseil Unique est dangereux pour la population, pour les travailleurs de la région, qu’il casse les solidarités et le principe d’égalité, remettant en cause la République ainsi que la démocratie locale.
 
     Les mêmes objectifs sous-tendent la réforme territoriale du gouvernement et le Conseil Unique.
 
     Les collectivités territoriales sont les premiers investisseurs du pays et ce n’est pas en les « saignant », en les supprimant ou en les regroupant en « Super-Régions » ou « Conseil Unique » que le pays et l’Alsace iront mieux, bien au contraire. 
 
     Le projet de conseil unique d’Alsace, tout comme la réforme territoriale du gouvernement, masque une volonté d’adapter la région à la politique d’austérité, d’adapter les structures régionales à la politique que les marchés financiers et les dirigeants européens veulent imposer aux États et aux populations.
 
     Il est inconcevable que les citoyen-ne-s et les élu-e-s des collectivités ne soient pas consulté-e-s sur une réforme territoriale qui bouleverserait à ce point nos institutions. Comme dans le reste du pays, les communistes d’Alsace demandent un grand débat public. Un référendum s’impose !
 
Le 12 octobre 2014
Béatrice LEJARRE - Secrétaire départementale de la Fédération du Bas-Rhin du PCF
Aline PARMENTIER - Secrétaire départementale de la Fédération du Haut-Rhin du PCF

Sources Illustrations :
- http://www.centre-culturel-alsacien.eu/wp-content/uploads/Wie_gehts.JPG
- http://p7.storage.canalblog.com/75/19/400144/60048290.JPG
- http://67.pcf.fr/60036

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