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lundi 29 septembre 2014

Sénatoriales 2014 : Arrêt sur image.


     Ce qu'il y a de bien avec les sénatoriales, c'est le peu d'attente pour connaître les résultats : 88.420 enveloppes à ouvrir en France, dont 2.727 en Basse-Alsace, avec des bureaux de vote fermant à 15:00, c'est vite plié ! Après, comme pour les votations de ces dernières années, c'est le rush où information et désinformation  jouent à guichets ouverts sur la grande scène de la communication une tragi-comédie, projecteurs braqués sur l'extrême-droite et internationale de la finance en mode souffleur...
 
     D'un point de vue local, pour la liste "L'autre voix du Sénat avec le Groupe Communiste, Républicain et Citoyen", après 28 ans d'absence de ce scrutin le PCF67 fait, avec Ensemble et les candidats de Gauche se reconnaissant dans le projet, un retour politique honorable : 0,57% c'est un petit chiffre, mais il marque le début d'une nouvelle dynamique qui gagnera à se poursuivre d'ici 6 ans. Comme nous le précisons dans le communiqué, et reformulé sur un autre mode, la partie n'est pas finie car il reste d'autres coups à jouer. Sur le plan national, le Groupe CRC perd trois élus, c'était le prix à payer en refusant de se solidariser avec les socialistes quand les Gouvernements Ayrault et Valls trahissent Jaurès, méprisent le peuple pour se coucher devant, si ce n'est pas avec, les grands patrons et la finance. Pour cette nouvelle mandature, dans les trois années à venir, ce n'est pas peu dire que le Groupe CRC sera plus que jamais utile aux populations, aux collectivités territoriales et à la Gauche !


     Ce qui fait les choux gras de la presse n'est pas tant le basculement de la Chambre Haute à Droite, phénomène facilement prévisible vu l'austérité et le démantèlement imposé par l'Exécutif aux collectivités territoriales, que l'entrée de deux élus d'extrême-droite au Palais du Luxembourg. Ca aussi, c'était prévisible, même si le résultat fut au-delà des espérances du parti se prétendant le premier de France suite à des élections européennes marquées par un très fort taux d'abstention. Certains hurluberlus, pour ne pas leur donner de surnoms plus désobligeants, avaient affirmé que ça n'arriverait pas. Que nenni ! Faut-il être sot à ce point pour faire abstraction à l'œuvre Brechtienne et aux enseignements de la première moitié du 20ème siècle ! La résistible ascension d'Auturo Ui n'est pas juste une fable et si nous devons le rappeler aujourd'hui c'est très certainement aussi parce que dans notre bonne vieille France le divertissement se substituant à la culture, forcément la crétinerie prend le pas sur l'intelligence. Seule mais piètre consolation pour nous ici : l'extrême-droite n'est pas entrée au Sénat grâce au vote des Alsaciens trop souvent montrés du doigt lors d'autres votations.

     Comme une vision prémonitoire l'excellente analyse du Professeur Alfred Wahl, publiée par les DNA le jour même de la consultation des grands électeurs, vient à point nommé :
     Dans une opinion courante en France on croit encore que Hitler a pris le pouvoir grâce à un mouvement de masse irrésistible du peuple allemand. Il n'en fut rien. [...] Lors des élections législatives qui ont suivi la présidentielle en juillet 1932, les nazis ont ainsi obtenu 37,3% des suffrages, soit environ le quart des voix des électeurs inscrits. Hindenburg ayant refusé le poste de chancelier à Hitler, celui-ci déclina toute participation. L'hypothèse Hitler semblait levée, d'autant que lors du nouveau scrutin, dès novembre, le NSDAP chittait à 33,1%.
     Or c'est à cet instant là que la droite nationale, très affaiblie par le report de son potentiel de voix vers le NSDAP, décida de s'allier avec les nazis sur la base d'un pari qui s'est avéré mortel.

     Dans le Manuel d'Histoire Critique, derniers hors-série du Monde Diplomatique, l'article intitulé Idée Reçue "La crise de 1929 à porté Hitler au pouvoir", les orientations du patronat de l'industrie lourde allemande en faveur du NSDAP et de son chef sont enfin clairement précisées :
     Les élections du 31 juillet 1932 donnent la première place au NSDAP avec 37,2% des suffrages. Trois mois plus tard, dans un contexte de décrue du chômage, un nouveau scrutin a lieu : la formation nazie arrive encore en tête, mais ne remporte que 33% des voix. Le 19 novembre, vingt personnalités (des industriels, des banquiers,...)demandent au président de la République de nommer Hitler au poste de chancelier, Hindenburg s'exécute le 30 janvier 1933.
     Le chef de l'État n'était nullement contraint de se plier à leurs demandes. Alors que l'économie se redressait et que l'électorat du parti national-socialiste se réduisait, Hindenburg pouvait accepter de Kurt von Schneider (le chancelier de l'époque) de dissoudre le Parlement et d'organiser dans les deux mois, conformément à la Constitution de Weimar, de nouvelles élections législatives.
    Au lendemain de l'accession de Hitler à la chancellerie, Gustav Krupp lui exprime son soutien au nom de la Confédération de l'Industrie qu'il préside. Les industriels, explique-t-il ne peuvent que "coopérer" avec un gouvernement qui prend à cœur le "bien-être du peuple allemand".

     Alors quand on sait :
- la tentation de chasser sur les terres de l'extrême-droite à laquelle la Droite à succombé bien avant l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy.
- les connexions entre l'extrême-droite, l'internationale de la finance et certains politiques dont des prétendus socialistes.
- ce que cache le prétendu anticapitalisme de l'extrême-droite, réel pro-capitalisme inavouable.
     ...on se dit que nous n'allons pas au devant de temps difficiles, mais que nous y sommes déjà et depuis plus longtemps que nous voulons bien le croire.

     Plus qu'une 6ème République, c'est d'une prise de conscience et d'un large mouvement populaire dont notre pays a besoin. Un mouvement populaire revenant aux fondamentaux de notre devise Liberté - Égalité - Fraternité et retrouvant le chemin de la lutte des classes. A force de faire croire aux gens modestes qu'ils peuvent tous devenir riches via la Française des Jeux et célèbres via la télé-réalité, ils en arrivent à perde de vue la réalité des enjeux et à négliger leur richesse intérieure qui serait si utile tant à la France qu'à l'ensemble de l'humanité. Mais rien ne dit que la tendance ne va pas tôt ou tard s'inverser...


Jn-Mc

 

 

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