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mardi 24 décembre 2013

Vos enfants ne sont pas vos enfants.


     Noël, c'est une fête de famille(s) disent certains campés dans leurs traditions, tandis que d'autres arcboutés sur leurs croyances affirment que c'est une fête r-e-l-i-g-i-e-u-s-e ! Et pendant ce temps le bon génie du consumérisme capitaliste effréné se frotte les mains car les uns et les autres se pressent pour lui porter leurs offrandes...
 
     On aurait presque envie de rire si, cette année deux faits divers ne nous forçaient pas à la gravité. A Combrailles, en Auvergne, dimanche dernier le 22/12 une fillette de 11 ans se suicidait par pendaison. "Oh mais ça, c'est loin de chez nous, c'est à l'Intérieur que ça s'est passé ! Ici en Alsace, on a des valeurs !" La veille, samedi 21/12, à Reichschoffen, en Alsace, une fillette de 11 ans dont la mère est originaire de Verdun, se retrouvait dans la rue avec sa valise devant le domicile de son père qui refusant de l'accueillir avait appelé les gendarmes. Ca par contre, ça s'est passé chez nous. "Oui, mais la mère n'est pas de chez nous ! Elle ne partage sûrement pas nos valeurs !". Ben voyons, ici on a le sens de la tradition et de la famille : si la fillette de Combrailles avait été au cathé à l'école, elle ne se serait pas suicidée et si la fillette de Verdun-Reichshoffen avait deux parents alsaciens ils s'occuperaient d'elle même après leur divorce ! Elsass über alles, serait-on tenté de s'exclamer en entendant ces brèves de comptoirs...
 
     Blague à part, là encore je n'ai pas envie de rire, il serait temps d'arrêter de se cacher derrière le petit doigt. Ici aussi, chez nous, en Alsace, jusque dans les cantons de Bischwiller-Brumath-Haguenau, l'enfant est de moins en moins une personne mais de plus en plus l'enjeu de sinistres luttes de pouvoir et l'objet du consumérisme crétin des adultes. Puisque chez nous, nous sommes tant que cela à cheval sur les traditions familiales et les croyances religieuses, essayons au moins juste une fois de repenser les fêtes de Noël pour nous placer dans une perspective humaniste qui devrait mettre tout le monde s'accord sur un socle minimum incompressible !  Ainsi je vous invite non seulement à la lecture mais aussi à la méditation d'une page du Prophète, œuvre poétique et philosophique écrite par Khalil Gibran en 1923 et récemment traduite en Alsacien... 
 
Jn-Mc
 
Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit,
Parlez-nous des Enfants.
Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même,
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier.
Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L'Archer voit le but sur le chemin de l'infini, et Il vous tend de Sa puissance pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l'Archer soit pour la joie;
Car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime l'arc qui est stable. 


Khalil Gibran (1883-1931)   Le Prophète (1923) 
 

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